La qualité de l’eau de mon puits et mes responsabilités

(Mise a jour le: mai 31, 2017)

Saviez-vous qu’il existe un Règlement sur la qualité de l’eau potable?

Lorsqu’elle provient d’un puits de surface ou artésien et qu’elle est destinée à la consommation humaine, l’eau doit être de bonne qualité et respecter les normes édictées dans le Règlement sur la qualité de l’eau potable.

C’est au propriétaire du puits individuel ou du petit réseau (desservant moins de 21 personnes) que revient la responsabilité de s’assurer de la qualité et de la potabilitée de l’eau qu’il offre pour consommation.
Malgré qu’elle puisse avoir une apparence claire et limpide et n’avoir aucune odeur ou saveur particulière, l’eau captée peut contenir des éléments pouvant avoir des effets indésirables sur la santé, par exemple des microorganismes pathogènes (bactéries, virus ou protozoaires) et des nitrates-nitrites.

L’eau souterraine, qui est généralement de meilleure qualité que l’eau de surface (lac, rivière, ruisseau) grâce à la capacité filtrante du sol, peut être vulnérable à la contamination et des précautions doivent être prises pour assurer en tout temps un approvisionnement en eau de bonne qualité.

Ainsi, le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs recommande l’analyse de l’eau au moins deux fois par année, soit au printemps et à l’automne. Il est pertinent de faire cette analyse après une pluie abondante et lorsque des changements surviennent en ce qui concerne les paramètres esthétiques de l’eau, le puits ou le sol environnant.

L’analyse de l’eau ne suffit pas à garantir la qualité de l’eau de consommation. En effet, outre les analyses annuelles de l’eau, il faut vérifier l’état de l’ouvrage de captage et de l’installation septique, examiner les sources possibles de contamination dans l’environnement du puits et apporter les correctifs appropriés. L’analyse régulière de l’eau du puits fait donc partie de l’ensemble des actions que devrait entreprendre le propriétaire.

Dans le cadre de l’aménagement d’un nouvel ouvrage de captage, un des articles du Règlement sur le captage des eaux souterraines, en vigueur depuis le 15 juin 2003, impose certaines analyses, dont celles des bactéries coliformes totales, des bactéries entérocoques, des bactéries E. coli et des nitrates-nitrites. Ces paramètres sont les plus susceptibles de varier dans le temps et il est recommandé de les inclure dans le suivi régulier de la qualité de l’eau d’un puits.

 

Les indicateurs microbiologiques de l’eau…

La majorité des microorganismes pathogènes (virus, bactéries ou protozoaires pouvant causer des maladies) susceptibles de se trouver dans l’eau proviennent de déjections humaines ou animales. Comme il est techniquement impossible de faire l’analyse de tous les pathogènes, on utilise plutôt des indicateurs microbiologiques qui sont en soi sans danger : les bactéries coliformes totales, les bactéries entérocoques et les bactéries E. coli.

Les coliformes totaux constituent un groupe hétérogène de bactéries d’origine fécale (dont les bactéries E. coli) et environnementale. En effet, la plupart des espèces peuvent se trouver naturellement dans le sol et la végétation. Leur présence dans l’eau n’indique généralement pas une contamination fécale ni un risque sanitaire, mais plutôt une dégradation de la qualité bactérienne de l’eau. Cette dégradation peut être attribuée entre autres à une infiltration d’eau de surface dans le puits. L’analyse des coliformes totaux permet donc d’obtenir de l’information sur la vulnérabilité possible d’un puits à la pollution de surface.

Les bactéries entérocoques sont moins abondantes dans la flore intestinale des humains et des animaux que les bactéries E. coli et certaines espèces ne sont pas d’origine fécale. La détection de bactéries entérocoques dans l’eau d’un puits peut indiquer une contamination fécale ou une infiltration d’eau de surface. Il est cependant prudent de considérer la présence de bactéries entérocoques comme un indicateur d’une contamination fécale.

Les bactéries E. coli font partie du groupe des coliformes totaux. C’est une espèce très abondante dans la flore intestinale humaine et animale, et c’est aussi la seule qui soit strictement d’origine fécale. Les bactéries E. coli sont considérées comme le meilleur indicateur de contamination fécale. Leur présence dans l’eau signifie que cette dernière est contaminée par une pollution d’origine fécale et qu’elle peut donc contenir des microorganismes pathogènes.

La gastro-entérite est la maladie la plus fréquente associée à l’ingestion d’eau contaminée par des matières fécales. Bien que cette maladie soit souvent bénigne, elle peut parfois avoir des conséquences très graves sur la santé. D’autres maladies plus rares comme les hépatites ou les méningites peuvent aussi être provoquées par l’ingestion d’eau contaminée. Ce risque concerne non seulement les membres d’une famille qui consomment l’eau d’un puits, mais aussi tous leurs visiteurs.

Présence de coliformes totaux dans mon eau

La présence de coliformes totaux renforce l’importance de faire des analyses, d’apporter les correctifs appropriés pour prévenir toute contamination fécale éventuelle et de faire un suivi régulier de la qualité de l’eau. Si une nouvelle analyse confirme la présence de coliformes totaux en des concentrations excédant les normes (au-delà de 10 ufc/100 ml), il s’avère alors pertinent d’effectuer un traitement choc de désinfection du puits.

Présence de bactéries E. coli ou entérocoques dans mon eau

L’eau potable ne doit contenir aucune trace de bactéries E. coli ou entérocoques. Si c’est le cas, il est essentiel de maintenir cette eau en ébullition durant au moins une minute avant de la consommer. Il faut également utiliser de l’eau bouillie pour faire les glaçons, préparer les breuvages et les aliments pour bébés, laver les aliments qui seront mangés crus, se brosser les dents ou encore pour donner le bain aux bébés. Ces recommandations doivent être suivies jusqu’à ce que des analyses subséquentes révèlent la conformité de l’eau par rapport aux normes. Il est recommandé aussi de procéder à un traitement choc de désinfection du puits, d’identifier la source de contamination fécale et d’apporter si possible les correctifs appropriés.

La désinfection d’un puits s’effectue de la façon suivante :

Nettoyer le puits, si possible, à l’aide d’une puisette afin d’enlever les corps étrangers, les dépôts, les matières animales ou végétales, etc.

Verser dans le puits de l’eau de Javel selon les quantités mentionnées dans le tableau suivant, intitulé « Quantité requise d’eau de Javel pour la désinfection d’un puits ».

Mélanger l’eau de Javel avec l’eau du puits et, si possible, laver et brosser la paroi intérieure. On peut également raccorder un tuyau d’arrosage au robinet le plus proche et rincer la paroi intérieure du puits, afin d’assurer un mélange complet du chlore et de l’eau dans tout le puits.

Ouvrir tous les robinets. Lorsque l’odeur du chlore est perceptible, arrêter la pompe et fermer les robinets.

Attendre 24 heures avant de faire circuler l’eau dans les tuyaux.

Effectuer par la suite une purge prolongée en laissant couler l’eau jusqu’à ce que l’odeur de chlore disparaisse. Ouvrir ensuite tous les robinets pour rincer complètement la tuyauterie.

Procéder à de nouvelles analyses de l’eau une semaine suivant la désinfection et quatre semaines plus tard, afin de savoir si l’eau répond aux normes de qualité.

Identifier la source de contamination

Il est important d’identifier la source de la contamination et d’apporter les correctifs appropriés. Les sources locales de contamination peuvent être multiples : aménagement du puits (manque d’étanchéité du couvercle ou du scellement), sol environnant (absence d’un monticule autour du puits pour éloigner le ruissellement provenant de la surface), installation septique défectueuse ou encore insalubrité des lieux (ex : épandage de fumier ou autres activités générant de la pollution fécale). Il s’agit donc dans ces cas de procéder aux travaux requis pour corriger la situation. La personne aux prises avec un problème de contamination peut communiquer avec l’officier municipal concerné, qui l’aidera à orienter sa recherche de solutions. Des analyses subséquentes dans le cadre du suivi de la qualité de l’eau permettront de vérifier l’efficacité des correctifs apportés.

Source : Texte du gouvernement du Québec

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